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Lettre de Marcelin Cailleau du 13 avril 1917

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Marcelin Cailleau écrit cette longue lettre alors qu’il attend une possible offensive.
Il relate les fêtes de Pâques auxquelles il a participé.
Il fait des commentaires sur des soldats de son pays nouvellement enrôlés malgré le fait d’avoir des problèmes physiques.
Il apporte aussi des informations sur le rôle des ballons aériens.

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Ballons captifs d’observation – guerre 14-18

Le texte ci-dessous reprend l’intégralité du texte en conservant la mise en page, l’orthographe et la syntaxe.

Le 13 -04 -1917

Chers parents,

Je viens de recevoir
votre lettre qui m’a fait plaisir
car il y avait quatre ou cinq
jours que je n’avais pas
de vos nouvelles.
Pour le moment je suis
toujours au camps 8 mais
je n’espère pas y faire un bien
long séjour. Nous nous attendons
à partir tous les jours. Il
parait que le 9ème corps est troupe
de poursuite allors nous attendons
que l’attaque soit déclanchée
pour partir à la poursuite des
Boches, s’ils veulent bien s’en aller.
Enfin faut espérer qu’ils voudront
bien partir mais je ne crois pas
que nous allions jusqu’à Berlin
probablement que l’on s’arrêtera avant.
Chers parents vous me demandés si
j’ai passé de bonnes Pâques
elles n’étaient pas mauvaise,
meilleurs que vous sans doute.
Nous étions au repos dans un
gentil patelin. Nous avons eu la
musique tout le jour. Nous
avions fait une petite marche mais
nous n’étions pas fatigués.
Le soir à sept heures nous
avons fait la retraite aux flambeaux
nous avons passé dans toutes les
rues de la ville avec la musique
en tête. Nous chantions tous à
tue tête allors vous voyez que l’on
ne s’ennuyer pas trop. Le moral était
bon ce soir là. Je crois qu’à
Taizé vous n’avez pas eu tout ça.
Ils passent des jours qui sont très bons
mais il y en a qui sont bien mauvais
aussi. Chers parents vous me dites
qu’armand Goussé, Pruleau et Miquel
sont pris. Je m’étonne qu’ils ont
pris des hommes comme ça.
Je crois qu’ils ramassent bien tous.
C’est vrai que c’est bien leur tour
à partir mais ça nous empêche pas
à nous de rester quand même ici.
Pauvre Pruleau sa fera un soldat
Qui sera bien mal bâti.
Miquel sa sera commode pour lui
il n’entendra pas arriver les obus
et quand on lui commandera
une corvée il n’entendra pas non plus
mais pour la soupe c’est bien rare
s’il n’entends pas. Chers parents je
vous direz que je viens de recevoir
une lettre de mon oncle Sylvain il
est toujours en bonne santé il s’embête
aussi de ne pas voir arriver la
fin. Il me dit qu’il a vu Charles Journeau
il est content de pouvoir voir quelques
connaissances. J’ai reçu le billet j’ai
été bien content car m’a bourse
n’était pas bien grosse. La boîte de conserve
que vous aviez mis dans le colis
à Gabriel est mangé. Les prunes qu’il
y avait dedans étaient exellentes.
Chers parents vous me dites que vous
avez vu un ballon le jour de Pâques.
Ici les ballons et les aéros on y fait
plus attentions. Mais ici les ballons ne
voyagent pas. Ils sont attachés avec
des cables d’acier. C’est pour
observer ce que font les Boches.
Allons chers parents je ne vois
plus grand-chose à vous dire
pour le moment. Je suis
toujours en bonne santé et je
souhaite bien de tout cœur que
ma lettre vous trouve de même.
Aurevoir je termine en vous embrassant
de tout cœur mais malheureusement
de trop loin.
Votre fils qui vous aime et qui pense toujour a vous.

M Cailleau

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13 04 1917-3

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